
La tenue de la 46ᵉ Conférence ministérielle de la Francophonie à Kigali, du 18 au 20 novembre 2025, sur le thème du rôle des femmes dans l’espace francophone, se veut un symbole fort en faveur de l’égalité et du leadership féminin. Cependant, ce choix soulève un paradoxe. Bien que le Rwanda affiche un taux record de femmes au Parlement (61 %), cette parité politique s’inscrit dans un cadre autoritaire où aucune opposition réelle n’est tolérée. Ce « féminisme d’État » contredit l’esprit de la Déclaration de Beijing de 1995, qui promeut l’émancipation, la liberté d’expression et la participation indépendante des femmes à la vie politique et civile.
La détention de Victoire Ingabire Umuhoza, opposante politique rwandaise et symbole du courage féminin, illustre cette contradiction. Condamnée puis emprisonnée à plusieurs reprises pour ses prises de position pacifiques, elle incarne les valeurs mêmes que la conférence prétend défendre. Sa détention arbitraire, dénoncée par l’ONU, le Parlement européen et plusieurs ONG, met en cause la crédibilité de la Francophonie si elle reste silencieuse face à ces violations. La conférence de Kigali représente ainsi un test moral : elle peut soit réaffirmer les principes de démocratie et de droits humains, soit ternir durablement l’image d’une Francophonie complaisante envers les régimes autoritaires.
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