Rwanda : Ne laissons pas Victoire Ingabire Umuhoza mourir dans l’indifférence. Appel urgent à la communauté diplomatique et aux organisations de défense des droits del’homme

La Fondation Victoire pour la Paix (FVP) et le Réseau International des Femmes pour la Démocratie et la Paix (RiFDP) appellent la communauté internationale à accorder de toute urgence une attention particulière à la situation de l’opposition politique. Mme Victoire Ingabire est actuellement détenue au Rwanda depuis juin 2025 dans des conditions qui contreviennent à l’Ensemble de règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, connues sous le nom de Règles Nelson Mandela.

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d’opinion et d’expression a également déclaré que l’arrestation de Mme Ingabire semblait être une mesure de représailles liée à ses activités politiques et à l’exercice de sa liberté d’expression. Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a lui aussi examiné le cas de Mme Ingabire et a conclu que sa détention était arbitraire.

Une situation qui exige l’attention internationale

A la suite des décès suspects survenus par le passé et récemment à des opposants et défendeurs des droits de l’homme en détention au Rwanda, certains youtubeurs rwandais sont allés jusqu’à prédire que Mme Ingabire pourrait subir un sort similaire à celui de ces opposants morts mystérieusement en prison. Parmi eux figurent Aimable Karasira, un rescapé du génocide décédé en prison le jour même où il devait être libéré, et Kizito Mihigo, mort en prison dans des circonstances inexpliquées.

La FVP et le RiFDP s’inquiètent alors pour la sécurité de Mme Ingabire. Bien que les prédictions concernant sa mort en détention ne constituent pas une preuve de danger imminent, elles représentent un signal d’alarme qui mérite d’être pris au sérieux, d’autant plus que les organisations de défense des droits de l’homme ont déjà fait part de leurs préoccupations quant aux conditions de détention et d’incarcération au Rwanda. Lors de l’Examen périodique universel sur les droits de l’homme au Rwanda en juillet 2026, l’Internationale Libérale — qui a décerné son Prix de la Liberté à Mme Ingabire en 2024 — a exprimé des craintes pour sa vie tant qu’elle reste en détention, compte tenu du passif du Rwanda en matière d’allégations de disparitions forcées et des nombreux décès suspects de détracteurs du gouvernement en détention.

La communauté internationale ne doit pas attendre qu’une nouvelle tragédie se produise pour exprimer ses regrets après coup.

Mieux vaut prévenir que guérir : il faut agir maintenant.

La FVP et le RiFDP demandent de toute urgence :

Aux ambassades accréditées au Rwanda de suivre de près la situation de Mme Victoire Ingabire Umuhoza, de demander des informations aux autorités rwandaises et de solliciter un accès à la détenue dans les plus brefs délais ;

Aux Nations Unies et aux organisations internationales de défense des droits de l’homme de placer le cas de Mme Ingabire sous surveillance urgente et d’exiger des garanties concernant sa sécurité, son intégrité physique et psychologique, ainsi que le respect de ses droits humains fondamentaux ;

A la délégation du Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture (SPT), lors de sa visite prévue au Rwanda en 2026, de rencontrer Mme Ingabire ainsi que d’autres détenus dont les conditions de détention suscitent des inquiétudes ;

Aux autorités rwandaises de se conformer immédiatement aux lois internationales et nationales et de garantir à Mme Ingabire l’accès aux soins médicaux nécessaires, le contact avec sa famille proche, y compris ses enfants, et le droit de pratiquer sa religion pendant sa détention. Par-dessus tout, elles doivent lui permettre de rencontrer ses coaccusés et de préparer leur défense librement et efficacement.

La communauté internationale doit agir avant qu’il ne soit trop tard.

Il serait inacceptable que, suite à une éventuelle tragédie, les acteurs mêmes qui pourraient intervenir aujourd’hui se contentent d’exprimer des regrets ou de renouveler leurs déclarations de préoccupation.

Sauver une vie commence par la prise au sérieux des signaux d’alarme : la sécurité, l’intégrité et la vie de Victoire Ingabire doivent être protégées dès maintenant.

 

Fait à Bruxelles, 12 September 2026

Pour plus d ‘informations, veuillez nous contacter au numéro suivant

+32 499 157 553 /+32 493 812 487

Retour en haut