
Cela fait aujourd’hui un an que Mme Ingabire a été arrêtée et placée en détention, en violation de la Constitution Rwandaise. Le représentant spécial de l’ONU pour la liberté d’opinion a qualifié l’arrestation de Mme Ingabire d’action de représailles motivée par ses activités politiques et l’exercice de sa liberté d’expression.
La Fondation Victoire pour la Paix (FVP) tient à exprimer sa gratitude envers toutes les parties prenantes qui ont contribué à soutenir Mme Ingabire, en sensibilisant la communauté internationale à sa situation et en appelant à sa libération.
Cependant, la Fondantion exprime de vives préoccupations concernant sa sécurité et son bien-être, car elle demeure détenue dans des conditions qui contreviennent aux normes internationales en matière de droits de l’homme, notamment les Règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus, communément appelées «Règles Nelson Mandela ».
Mme Ingabire ne bénéficie pas du droit à la vie familiale, un droit fondamental qui doit être respecté. Depuis son arrestation, elle n’a été autorisée à parler à son mari qu’à trois reprises. Elle n’a pas été autorisée à communiquer avec ses enfants. En raison de contraintes spécifiques, Mme Ingabire ne bénéficie pas de l’autorisation d’assister aux offices religieux, à la différence des autres détenus. Elle ne bénéficie pas de soins médicaux adéquats. Outre les irrégularités constatées dans le traitement de l’affaire de Mme Ingabire depuis son arrestation, l’administration pénitentiaire lui a refusé le droit de rencontrer ses coaccusés, dont les dossiers ont été joints au sien, et de discuter de l’affaire avec eux. Cette décision constitue une violation flagrante de ses droits en tant qu’accusée.
Mme Ingabire et ses avocats ont récemment saisi le tribunal de ces griefs, arguant qu’ils affectaient la détenue tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel, et l’empêchaient par conséquent de participer au procès.
Au vu des irrégularités juridiques persistantes dans le dossier de Mme Ingabire et du traitement inéquitable dont elle a fait l’objet pendant sa détention, il est clair qu’elle n’a aucune chance de bénéficier d’un procès équitable.
Les préoccupations concernant la sécurité et le bien-être de Mme Ingabire ne cessent de croître suite au décès récent d’Aimable Karasira, un détracteur virulent du gouvernement rwandais, dans la même prison où elle est incarcérée. Karasira a malheureusement perdu la vie le jour même de sa libération de prison. Selon le rapport de Human Rights Watch, le décès de la personne concernée s’inscrit dans une série de disparitions et de décès suspects de personnes identifiées comme des détracteurs ou des opposants au gouvernement. L’incapacité des autorités rwandaises à administrer des sentences justes dans ces affaires envoie un message dissuasif à tous ceux qui osent s’élever contre le régime.
Dans ce contexte, la Fondation Victoire pour la Paix invite la communauté internationale, les organismes africains de défense des droits de l’homme et les observateurs internationaux à intensifier leurs efforts en suivant de près le dossier de Mme Ingabire et en réclamant sans relâche sa libération immédiate et inconditionnelle, tout en attribuant aux autorités rwandaises la responsabilité de toute souffrance qu’elles lui infligent. La sécurité de Mme Ingabire est compromise en raison de sa détention prolongée.
Fait à Bruxelles, le 19 juin 2026
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